Crédit immobilier: c'est le moment d'emprunter et de renégocier
Publié le 22/10/2009 à 12:00:52
Crédit immobilier : c'est le moment d'emprunter et de renégocier
Après la baisse des taux d'intérêt, nombreux sont les emprunteurs tentés de renégocier leurs prêts pour faire des économies. Mais cette démarche peut se révéler mission impossible ou d'un intérêt limité. Explications
Depuis l'automne dernier, les taux d'intérêts ont reculé de 1 % à 1,5 %, selon la durée des prêts. Du coup, bon nombre d'emprunteurs en viennent à envisager de renégocier leur prêt immobilier auprès de leur banque.
« Sans que l'on puisse pour autant parler de raz-de-marée, on constate que de plus en plus de personnes nous contactent et nous interrogent sur ce sujet. Entre la diminution des taux d'intérêt et la chute des prix dans l'immobilier, oui, c'est le bon moment pour emprunter», relève Jean Gignoux, responsable régional Rhône-Alpes- Auvergne du Cafpi, cabinet de courtage en prêts immobiliers.
Les emprunteurs ayant souscrit leurs prêts lorsque les taux étaient élevés peuvent espérer réaliser des économies non négligeables (lire par ailleurs nos simulations). Malgré tout, rien ne dit que la banque acceptera facilement de répondre favorablement
Pour Fabrice Barbot, chargé de clientèle à la société de courtage Vousfinancer.com, «l'emprunteur a repris une position de force. Si la banque a besoin de conserver ses clients, elle va faire des efforts. Mais si elle a atteint ses objectifs, rien ne dit qu'elle sera prête à renégocier un prêt. ». Un point de vue que confirme Jean Gignoux: «En renégociant un prêt à la baisse, un banquier perd de l'argent, alors il préfère généralement que le client fasse racheter son prêt par un autre établissement car, dans ce cas, il va toucher les pénalités de remboursement anticipé».
Côté LCL, un porte-parole confie : «Les banques acceptent plus volontiers de renégocier à la baisse la durée des prêts plutôt que de diminuer le taux de l'emprunt. Mais pour le client, cela entraîne de nouveaux frais de dossiers».
Si la négociation auprès de sa banque échoue, l'emprunteur peut donc toujours faire racheter son prêt par la concurrence. Cependant, deux conditions doivent être réunies pour que l'opération se révèle véritablement intéressante. « Le taux auquel le prêt initial a été souscrit doit être au moins supérieur d'un point au taux du moment. Et puis, pour que la compensation des coûts soit suffisante, il faut que la durée de prêt restante soit de dix ans au moins », précise Jean Gignoux. Un rachat de prêt implique différents frais annexes (garanties, dossier) en plus des pénalités de remboursement anticipé. Alors, avant de se lancer, il est préférable de s'assurer que le jeu en vaut la chandelle.
Fabien Randanne
Un impact nuancé sur le marché de l'immobilier
La diminution des taux d'intérêt alliée au recul des prix de l'immobilier semble, a priori, être favorable aux emprunteurs désireux d'acquérir des biens immobiliers. « Les gens parlent beaucoup de ces taux qui baissent. Notre réseau communique d'ailleurs là-dessus pour dire que c'est le bon moment pour acheter », fait savoir Franck Triboulet, responsable de l'agence immobilière Laforêt à Belleville-sur-Saône. Avant de souligner que « le marché ne devrait pas tarder à repartir. » Delphine Leleu, responsable commerciale des agences Orpi Grenier immobilier à Lyon, est quant à elle plus modérée : « Aujourd'hui, il y a un manque de biens sur le marché des transactions dans la région lyonnaise. En raison de la crise, beaucoup de propriétaires qui souhaitaient mettre leurs biens en vente ont préféré les louer. Alors, même s'il y a des acheteurs, il y a une pénurie de biens de qualité à des prix corrects. »
F.R
Source: le progrès
























