Paris, le 2 octobre 2026 – En octobre, la tendance observée en septembre se poursuit avec des barèmes reçus en hausse, sans exception. Ces nouvelles augmentations étaient à prévoir après la hausse des taux de la BCE le 11 septembre et l’envolée de l’OAT 10 ans, dans un contexte budgétaire tendu. Pour autant, ces augmentation restent globalement progressives et les banques consentent toujours à faire des décotes de taux pour les meilleurs profils, avec des revenus élevés et de l’épargne. Pour les moins bons profils, les nouveaux taux d’usure, en augmentation de 0,11 point seulement, et en vigueur à ce jour jusqu’à la fin de l’année, pourraient devenir rapidement bloquants, entrainant potentiellement une hausse des refus de prêt dans les prochaines semaines.
En octobre, sans surprise, les barèmes reçus sont tous en en augmentation, de 0,10 à 0,30 % selon les banques. Ces hausses concernent aussi bien les banques régionales que les banques nationales, en lien notamment avec la remontée du taux d’emprunt d’Etat à 10 ans, passé de 3,60 % en juin à 4,90 % le 1er octobre, son plus haut niveau depuis 2002
« Ces hausses de taux, liées au contexte international, à la hausse de l’inflation et aux incertitudes budgétaires, interviennent à un moment clé pour les banques. Les demandes de prêts déposées en octobre seront les derniers crédits débloqués en 2026 avant une remise à zéro des compteurs pour la production de l’année 2027. C’est pourquoi, les banques tentent d’augmenter leurs taux de façon progressive, et moins brutale que l’envolée des taux d’emprunt d’Etat, tout en accordant encore des décotes aux meilleurs profils pour continuer malgré tout à capter des emprunteurs et finaliser leur année du mieux possible » explique Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
En octobre, les taux moyens sont en hausse à 3,5 % sur 15 ans, 3,6 % sur 20 ans et 3,8 % sur 25 ans, avec des taux plus bas obtenus pour les meilleurs dossiers proches de 3,2 % sur 20 ans et 3,3 % sur 25 ans. A l’inverse, des banques affichent déjà des taux entre 4 et 4,40 % % sur 20 et 25 ans.
« Les écarts de taux se creusent entre les banques qui ont déjà remonté leurs taux de 0,40 point depuis cet été et d’autres de 0,10 seulement, mais également entre les profils, avec des banques qui pour préserver leur rentabilité, ne sont compétitives que sur les bons profils, et d’autres, qui tentent encore de faire du volume en captant un plus large spectre d’emprunteurs. En outre, certains établissements accordent encore des prêts à taux bonifiés, aux primo-accédants mais aussi aux secundo-accédants, mais ils sont peu nombreux. Dans ce contexte, ceux qui recherchent un crédit ont tout intérêt à consulter plusieurs banques ou à aller voir un courtier pour obtenir la meilleure solution de financement » explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
Dans ce contexte de remontée des taux de crédit qui atteint déjà au total + 0,5 point dans certaines banques depuis 3 mois, les taux d’usure n’ont augmenté que de 0,11 point au mieux : + 0,02 point pour les prêts d’une durée inférieure à 10 ans et + 0,11 point pour les prêts sur 10 à moins de 20 ans et pour les prêts sur 20 ans et plus, durée la plus répandue.
« Comme nous le craignions, les taux d’usure du 4e trimestre sont en hausse très limitée, alors même qu’ils sont valables jusqu’à la fin de l’année. Dans le contexte actuel de remontée rapide des taux de crédit depuis la fin du mois d’août, c’est une mauvaise nouvelle pour les emprunteurs, qui pourraient être plus nombreux à se voir refuser leur crédit dans les prochaines semaines… » déplore Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer. « D’ores et déjà nous rencontrons plus de complications sur certains dossiers, nous obligeant à revoir l’assurance et négocier une baisse des frais ou des taux, afin de rendre le projet finançable, après un premier refus du au taux d’usure » complète-t-elle.
Si les taux d’emprunt d’Etat s’envolent, la France n’est pas un cas isolé. Le contexte obligataire international global est très tendu, avec une forte remontée des rendements souverains dans plusieurs pays, liée aux inquiétudes sur l’inflation, aux besoins massifs de financement des États et au maintien de politiques monétaires restrictives : le taux américain à 10 ans a ainsi atteint 5,34 %, son plus haut niveau depuis 2002. Pour autant, les taux obligataires français sont particulièrement sous pression : le rendement de l’OAT à 10 ans a atteint 4,90 % le 1er octobre 2026, un niveau inédit depuis 2002, tandis que l’écart avec le Bund allemand s’est élargi à environ 133 points de base, son plus haut depuis la crise de la zone euro de 2012.
Cette tension intervient au moment de la présentation du budget 2027, qui prévoit de ramener le déficit public de 5,4 % à 5,0 % du PIB tout en faisant face à une dette proche de 119 % du PIB et à un programme record d’émissions obligataires. Reste à savoir quand et comment il sera voté, ou non… « La hausse des taux d’emprunt d’Etat est actuellement très problématique. Dans les prochaines semaines, l’enjeu principal sera donc la capacité du gouvernement à faire adopter un budget jugé crédible par les marchés, car toute remise en cause importante des économies annoncées pourrait maintenir, voire accentuer, la prime de risque exigée sur la dette française, et faire accélérer encore le mouvement de remontées des taux de crédit » conclut Sandrine Allonier.
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