Des hausses de taux en septembre, malheureusement inévitables… Nos conseils pour emprunter en cette rentrée

Paris, le 1er septembre 2026 – En septembre, les premiers barèmes reçus sont orientés à la hausse. Sans surprise, dans un contexte de reprise du conflit au Moyen-Orient, de hausse de l’inflation et des taux d’emprunt d’Etat supérieurs à 4 %, les banques ont augmenté leurs taux de crédit. Dans ce contexte, la rentrée de septembre s’annonce probablement comme la dernière fenêtre de tir pour ceux qui ont un projet immobilier, avant un mouvement de hausse des taux qui devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, en lien notamment avec la prochaine hausse des taux de la BCE dans 10 jours. Pour autant, il existe des solutions pour continuer à emprunter dans de bonnes conditions.

Hausse des taux de crédit en septembre sur fond de tensions obligataires

Si en août, la grande majorité des banques avait le fait le choix de maintenir leurs taux stables, en septembre, les premiers barèmes reçus sont en augmentation, de 0,10 à 0,20 % selon les banques. Ces hausses de taux, qui concernent aussi bien les banques régionales que les banques nationales, sont liées à plusieurs facteurs, en lien avec le conflit au Moyen-Orient, les rendant inévitables :

-          La hausse du taux d’emprunt d’Etat à 10 ans, supérieur à 4 % depuis la mi-août, et de retour à des niveaux inédits depuis plus de 20 ans (2004),

-          La reprise de l’inflation qui atteint 2,4 % en août en France, contre 2,1 % en juillet et 1,8 % en juin (Insee),

-          Une probable seconde hausse, après celle de juin, des taux de refinancement de la Banque centrale européenne, de 0,25 point, lors de sa réunion du 10 septembre, pour juguler l’inflation.

« Traditionnellement, les banques proposent des taux attractifs en septembre, afin de profiter de ce mois riche en transactions immobilières pour capter des emprunteurs et finaliser leurs objectifs de production de crédits. Mais cette année, dans ce contexte de hausse de l’inflation et des taux des marchés financiers, elles n’ont pas d’autres choix que d’augmenter leurs taux, en dépit de leur appétit commercial. Pour autant, ces augmentations restent limitées par rapport à celle des taux d’emprunt d’Etat, témoignant de leur volonté de pas casser la dynamique de marché, et continuer malgré tout à financer les projets des emprunteurs en cette rentrée » explique Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

En effet, avec des hausses de taux de 0,10 % en moyenne, l’impact reste limité pour les emprunteurs. Par exemple, obtenir un taux à 3,5 % sur 20 ans en septembre au lieu de 3,4 % en août, entraine une hausse de la mensualité de 10 € seulement pour un crédit à 200 000 € : 1 160 € par mois, au lieu de 1150 €, hors assurance.

En septembre, les taux moyens sont en hausse à 3,40 % sur 15 ans, 3,5 % sur 20 ans et 3,6 % sur 25 ans, avec des taux plus bas obtenus pour les meilleurs dossiers proches de 3,1 % sur 20 ans et 3,25 % sur 25 ans.

Les solutions pour emprunter dans les meilleures conditions : mise en concurrence des banques et prêts à taux bonifiés

Dans ce contexte de remontée des taux de crédit, il reste des solutions pour continuer à emprunter dans les meilleures conditions :

-          Mettre en concurrence les banques : si les premiers barèmes reçus pour septembre affichent des hausses de taux, toutes les banques n’ont pas remonté leurs taux de crédit en cette rentrée, entrainant une hausse des écarts entre les établissements qui ne ciblent pas tous la même clientèle. Certaines banques proposent des taux plus attractifs pour les jeunes emprunteurs, d’autres tiennent davantage comptent des revenus, ou du DPE. Ainsi, en fonction des banques et des profils, les écarts de taux peuvent atteindre jusqu’à 0,8 point.

-          Obtenir un prêt à taux bonifié : beaucoup de banques proposent encore pour la rentrée des prêts complémentaires à des taux compris entre 0 et 2 %, comme par exemple un prêt à 1,99 %, réservé aux primo-accédants, plafonné à 10 % du financement et jusqu’à 30 000 €, sur 25 ans. Il est en outre cumulable avec le prêt à taux zéro, ainsi que d’autres prêts à taux bonifié, notamment en lien avec un bon DPE.

Ainsi pour 300 000 € de besoin de financement, pouvoir obtenir un prêt à taux bonifié de 30 000 € à 1,99 % sur 25 ans et 25 000 € à 0 %, complété par un crédit principal de 245 000 € à 3,50 % sur 25 ans, permet de faire baisser le coût total du crédit de 24 000 € (131 100 € vs 155 000 € sans prêt à taux bonifié), soit l’équivalent d’un taux à 3,10 %, soit 0,40 % de moins.

« En cette période de remontée des taux, il est plus que jamais utile de faire appel à un courtier dont le rôle est de mettre en concurrence les banques, obtenir les différents prêts à taux bonifié éligibles, établir le meilleur plan de financement, et réduire le coût total du crédit, mais aussi de l’assurance ! Le tout avec un accompagnement à chaque étape jusqu’à la concrétisation du projet » détaille Julie Bachet.

Vers une remontée progressive des taux de crédit d’ici la fin de l’année

Dans ce contexte de taux qui restent malgré tout attractifs, et de volonté des banques de prêter, la rentrée de septembre s’annonce comme une période encore favorable pour ceux qui ont un projet immobilier, avant une fin d’année plus incertaine.

En effet, la poursuite du conflit au Moyen-Orient alimente les tensions sur les prix de l’énergie et fait peser un risque de regain d’inflation. Dans le même temps, les taux d’emprunt d’État restent sensibles aux anticipations d’inflation, aux besoins de financement des États et aux incertitudes géopolitiques. Cette remontée des taux obligataires, si elle se poursuit et dure dans le temps, pourrait se répercuter encore davantage sur les conditions de financement proposées par les banques.

Du côté de la BCE, après une première hausse de 25 points de base en juin, les taux directeurs ont été maintenus inchangés en juillet. Mais restant particulièrement attentive à l’évolution des prix de l’énergie et à leurs éventuels effets de second tour sur l’inflation, la BCE devrait augmenter ses taux lors de sa prochaine réunion du 10 septembre et peut-être à nouveau en fin d’année.

« Dans ce contexte, notre scénario central est celui d’une hausse progressive des taux de crédit au cours du dernier trimestre si les tensions inflationnistes et obligataires se confirment dans les prochaines semaines. Toutefois, les banques ne devraient pas provoquer d’envolée brutale mais plutôt ajuster leurs barèmes progressivement pour ne pas casser la dynamique du marché immobilier qui demeure fragile » prévoit Julie Bachet.

« Pour les emprunteurs, le message est donc clair : il existe aujourd’hui une fenêtre d’opportunité qu’il serait dommage de laisser passer. Les conditions de financement restent encore favorables, les banques affichent une volonté de capter les bons dossiers et les niveaux de taux actuels permettent toujours de concrétiser de nombreux projets. À l’inverse, attendre la fin de l’année comporte désormais un risque : celui de voir les taux repartir légèrement à la hausse et de perdre une partie de sa capacité d’emprunt » conclut Sandrine Allonier.

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