Paris, le 11 juin 2026 – Comme prévu, la Banque centrale européenne a décidé ce jour d’augmenter ses taux directeurs de 0,25 point, une première depuis septembre 2023. Si la plupart des banques ont laissé leurs taux stables en juin, cette hausse pourrait être partiellement répercutée sur les barèmes de juillet. Une mauvaise nouvelle pour les emprunteurs, d’autant qu’à la fin du mois de juin, les taux d’usure pour le 3e trimestre seront publiés et probablement quasi-stables. En attendant, la plupart des banques continuent à afficher une volonté de prêter en proposant des taux toujours attractifs… mais jusqu’à quand?
Comme anticipé, la Banque centrale Européenne a décidé ce jour de relever ses taux directeurs de 0,25 point. Après un cycle de huit baisses consécutives, et une stabilité des taux depuis juin 2025, il s’agit de la première remontée des taux depuis septembre 2023. Objectif de l’Institution : tenter de juguler l’inflation, remontée à 3,2 % en zone euro en mai, contre 1,7 % en janvier, en raison de la hausse des prix de l'énergie entrainée par la guerre au Moyen-Orient.
« Cette remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne était inévitable et largement anticipée notamment par les banques, dont la plupart avaient fait le choix - malgré tout - de maintenir leurs taux de crédit stables en juin. Cette décision ne devrait donc pas provoquer de choc immédiat sur les barèmes. Mais elle enclenche un cycle de resserrement après un an de stabilité, avec des effets à attendre sur la capacité d'emprunt des ménages d'ici le second semestre 2026 » explique Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
En effet, début juin, la plupart des banques ont maintenu leurs taux stables alors que la hausse des taux de la BCE était largement anticipée, et ce, malgré un taux de l’OAT 10 ans très volatil, témoignant de leur volonté de maintenir des conditions attractives pour capter des emprunteurs avant la trêve estivale. « Cette hausse des taux de la BCE tombe au mauvais moment, dans une période clé pour les banques, et alors que la production de crédits ressort en baisse sur le mois d’avril » explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
En effet, selon les dernières données de la Banque de France, en avril, la production de crédits à l'habitat (hors renégociations) s'élève à 12 milliards d’euros contre 12,6 milliards en mars, soit une baisse de près de 5 %, pendant un mois habituellement très dynamique.
« Au mois de mai, l’activité de crédits a également été plus calme, c’est pourquoi, en ce mois de juin, les banques proposent des taux encore très attractifs, avec la volonté d’atteindre leurs objectifs de production de crédit. Pourtant, dans un contexte de volatilité des taux d’emprunt d’Etat, et de reprise du conflit en Iran, elles pourraient toutefois répercuter partiellement cette hausse des taux de la BCE sur les barèmes de juillet… » complète Sandrine Allonier.
En attendant une banque nationale propose toujours un taux unique à 3,10 % sur 20 ans et 3,20 % sur 25 ans, quand les taux moyens sont stables en juin à 3,30 % sur 15 ans, 3,5 % sur 20 ans et 3,6 % sur 25 ans.
L’attente de la publication des taux d’usure pour le 3eme semestre d’ici la fin du mois de juin
Alors que la BCE vient de relever ses taux directeurs, avec une probable transmission à venir sur les barèmes de juillet, à la fin du mois de juin, seront publiés les taux d’usure pour le 3e trimestre. Pour le second trimestre, ils étaient en baisse sur les durées de moins de 20 ans, dans un contexte pourtant de remontée des taux de crédit. Pour le 3e, en raison du décalage découlant de son mode de calcul, ils devraient être quasi-stables.
« Nous nous attendons à la publication de taux d’usure quasi-stables pour le 3e trimestre alors même que certaines banques ont augmenté leurs taux de 0,5 point depuis le début de l’année, et proposent parfois des taux à plus de 4 % ! En période de remontée des taux, ce décalage pose un réel problème : si les taux de crédit augmentent en juillet dans le sillage des taux de la BCE, il y a un vrai risque que certains emprunteurs, avec des profils standards, ne se voient refuser leur crédit à cause du taux d’usure, et pas seulement les plus de 60 ans comme c’est le cas actuellement. Nous allons surveiller cela de près… » conclut Julie Bachet.
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