Nouvelle revalorisation du Smic en mai pour compenser l’inflation, mais pas les prix de l’immobilier… ni la hausse des taux de crédit !

Paris, le 12 mai 2022 : Pour tenter de compenser l’inflation, le Smic a été revalorisé en mai pour la 3e fois en 7 mois. Une hausse significative de 171 € nets depuis janvier 2021. Pour autant, si ces dernières années, la hausse du salaire minimum permettait encore de compenser dans certaines villes la hausse des prix de l’immobilier grâce également à la baisse des taux, ce n’est désormais plus le cas. Dans toutes les villes de France étudiées, le pouvoir d’achat immobilier a reculé en 2022, mais également depuis janvier 2021.

Une hausse de 170 € nets par rapport à janvier 2021 mais qui ne compense pas la hausse des prix… et des taux de crédit !

Afin de compenser l’inflation, qui devrait atteindre 5,4 % en juin d’après l’Insee, le Smic a été revalorisé de 2,65 % au 1er mai 2022, atteignant désormais 1 302 € nets par mois sur la base de 35 heures. Le Smic horaire brut s'établit désormais à 10,85 €, après avoir été réhaussé de 0,9 % le 1er janvier 2022 à 10,57 € brut de l’heure contre, pour rappel 10,48 € en octobre 2021 et 10,25 € brut en janvier 2021. Au total, le salaire minimum a ainsi augmenté de 171 € nets par rapport à janvier 2021, soit l’essentiel de la hausse constatée depuis 10 ans (200 € nets par mois au total, + 19 % par rapport à 2012) ! Une augmentation significative mais qui est loin d’avoir suivi l’évolution des prix dans certaines villes moyennes de France, parfois supérieure à 60 % sur 10 ans !

En outre, ces derniers mois, l’évolution des taux de crédit a été telle que la hausse du Smic ne la compense plus. Depuis le début de l’année, les taux sur 25 ans sont passés de 1,30 % à 1,70 %, entrainant une diminution de la capacité d’emprunt du salaire minimum de plus de 2 000 € en seulement 5 mois (de 107 210 € contre 104 948 €) qui combinée à la hausse des prix qui se poursuit dans la plupart des villes pénalise les emprunteurs les plus fragiles.

« C’est la première fois depuis 2012 qu’on voit la capacité d’emprunt du Smic reculer car sa revalorisation ne compense actuellement pas la forte hausse des taux que l’on constate depuis le début de l’année. Certes, il est toujours possible d’emprunter plus de 100 000 € et toujours davantage qu’en 2021 au moment où les taux étaient à 1,45 % sur 25 ans grâce à une revalorisation de plus de 170 €, mais combiné avec les fortes hausses des prix, le pouvoir d’achat immobilier a fortement baissé ! » analyse Sandrine Allonier, directrice des études et porte-parole de Vousfinancer.

Le pouvoir d’achat immobilier du Smic en baisse depuis 2022 dans les 25 villes de France…

Comme à chaque revalorisation du Smic, et dans un contexte de hausse des prix de l’immobilier, Vousfinancer, réseau de 200 agences de courtage en crédit immobilier, a souhaité connaitre la surface qu’il est désormais possible d’acheter dans 25 villes de France avec le salaire minimum (pour une mensualité hors assurance égale à 33 % du Smic, en remboursant un crédit sur 25 ans à 1,70 % avec 10 % d’apport), et son évolution par rapport à janvier 2022.

Le constat est sans appel : « Le pouvoir d’achat immobilier du Smic a reculé dans toutes les villes de France depuis le début de l’année, en seulement 4 mois et en dépit de la revalorisation du Smic, notamment en raison de la hausse des taux de 0,4 % en moyenne - mais qui peut être bien supérieure dans certaines banques - mais aussi à cause de la hausse des prix qui s’est poursuivie en ce début d’année, et ce malgré des conditions d’emprunt plus compliquées » analyse Sandrine Allonier.

Le recul le plus fort est observé au Mans où le pouvoir d’achat immobilier a baissé de 3,4 m2 en seulement 4 mois, suivi de Brest et Saint-Etienne (-3,1 m2), 3 villes dans lesquelles les hausses de prix sont les plus fortes : 3 % au Mans, 1,5 % à Saint-Etienne ou 4,1 % à Brest.

Alors que le Smic est le même partout en France, les écarts de pouvoir d’achat immobilier restent très élevés sur le territoire, bien qu’ils diminuent. Ainsi, en mai, en gagnant le Smic, et avec 10 % d’apport, le pouvoir d’achat immobilier varie de 10,3 m2 à Paris, à 85,1 m2 à Saint-Etienne, soit un rapport de 1 à 8,5 mais qui en baisse compte tenu de la stabilisation des prix à Paris alors que la hausse se poursuit à Saint-Etienne. Les villes où le pouvoir d’achat du Smic est le plus élevé sont encore Saint-Etienne (85,1 m2), le Mans (64,5 m2), Nîmes (51,2 m2) et Clermont-Ferrand (50,6 m2), qui sont par ailleurs les seules villes où l’on peut acheter plus de 50 m2, suivies du Havre (49,6 m2) et Brest (49,3 m) qui passent en mai sous ce seuil symbolique. A noter par ailleurs que Brest passe de la 3ème place du classement à la 6ème place, en raison de la hausse des prix de plus de 4 % en 4 mois.