Paris, le 28 septembre 2026 – Les taux d’usure - taux plafonds au-delà desquels les banques n’ont pas le droit de prêter – sont en hausse pour le 4e trimestre, d’environ 0,10 point en moyenne seulement. Une mauvaise nouvelle dans un contexte de remontée des taux de crédit, qui pourraient atteindre 4 % d’ici à la fin de l’année. Le risque : que des emprunteurs solvables se voient refuser leur crédit à cause des taux d’usure, ou que les banques ne soient plus incitées à prêter en raison du plafonnage des taux, dans un contexte pourtant de hausse des taux de marché.
Les taux d’usure pour le 4e trimestre ont été publiés au Journal Officiel du 25 septembre, pour une mise en application à partir du 1er octobre. Ces taux plafonds, calculés par la Banque de France en fonction des taux effectifs moyens effectivement pratiqués par les banques durant les 3 derniers mois, auxquels est ajoutée une marge d’un tiers, ressortent en très légère hausse ce 4ème trimestre, dans un contexte pourtant de remontée importante des taux de crédit : de 0,02 point pour les prêts d’une durée inférieure à 10 ans et de 0,11 point pour les prêts sur 10 à moins de 20 ans et pour les prêts sur 20 ans et plus, durée la plus répandue.
« Comme nous le craignions, les taux d’usure du 4e trimestre sont en hausse très limitée, comme cela avait été le cas au 3e trimestre. Dans le contexte actuel de remontée rapide des taux de crédit depuis la fin du mois d’août, c’est mauvaise nouvelle pour les emprunteurs, qui pourraient être plus nombreux à se voir refuser leur crédit dans les prochaines semaines… D’autant que ces taux d’usure resteront en vigueur jusqu’à la fin de l’année et que d’ici d’décembre, la remontée des taux de crédit devrait se poursuivre » déplore Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.
Depuis le 1er janvier, les taux d’usure n’ont augmenté « que » de 0,27 point sur les durées de 20 ans et plus alors que dans certaines banques, les taux affichés ont augmenté de 0,5 point depuis le début de l’année.
En effet, en septembre, dans un contexte de hausse des taux d’emprunt d’Etat, désormais supérieur à 4,5 % sur 10 ans, la plupart des banques ont augmenté leur taux de 0,10 % en moyenne mais jusqu’à 0,25 point pour certaines en septembre. Les taux moyens sont ainsi en hausse à 3,50 % sur 15 ans, 3,60% sur 20 ans et 3,70 % sur 25 ans, mais avec déjà parfois des taux affichés pour les moins bons profils supérieurs à 4 % sur 20 et 25 ans.
Depuis le mois d’avril, certains dossiers sont déjà refusés en raison de taux (TAEG) tous frais inclus dépassant le taux d’usure, pour deux raisons principalement. D’une part, le coût de l’assurance emprunteur, pour les profils seniors ou avec un risque de santé, fait fortement grimper le TAEG, jusqu’à dépasser le taux d’usure malgré de très bonnes situations financières. D’autre part, sur les durées courtes, le poids des frais fixes - assurance, garantie, frais de dossier - est proportionnellement plus élevé, ce qui accentue mécaniquement le TAEG. Ce double effet pénalise particulièrement les emprunteurs âgés ou sur les durées les plus courtes. Résultat : certains dossiers d’emprunteurs de plus de 50 ans sont confrontés à des refus bancaires même avec un apport important et un faible endettement.
Pour autant ces cas de blocages pourraient devenir de plus en plus fréquents ces prochaines semaines, et toucher une cible d’emprunteurs plus jeune et plus large. « Il existe un décalage entre l’évolution des taux d’usure et les taux de crédit appliqués qui peut entrainer le blocage de certains dossiers de prêts. Cela est dû à la méthode de calcul du taux d’usure qui entraine un écart de minimum 3 mois - mais dans les faits souvent davantage - entre les taux moyens retenus pour déterminer l’usure et les conditions de taux actuelles. Or avant l’été, les taux de crédit étaient encore très attractifs, parfois proches de 3 %, ce qui explique la hausse limitée des taux d’usure pour le 4e trimestre. Et même si les taux d’usure semblent encore bien supérieurs aux taux nominaux, hors assurance, pour certains emprunteurs, cela coince déjà. Avec la hausse des taux qui devrait se poursuivre, cet écart va se réduire et davantage emprunteurs pourraient être impactés » explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
En effet, Vousfinancer a calculé que pour un couple qui emprunte 200 000 € sur 20 ans, avec une assurance à 100 % sur chaque tête à 0,40%, des frais de dossier à 2000 € et des frais de garantie à 2600 €, le TAEG peut atteindre 5,46 % et donc dépasser le taux d’usure à 5,40 % avec un taux nominal à 3,8 % seulement, entrainant le refus du crédit… à moins de revoir l’assurance et de passer à 50 % sur chaque tête.
Dans le contexte actuel, avec un taux d’emprunt d’Etat à 10 ans qui a dépassé 4,6 % le 25 septembre et une inflation qui reste élevée, pouvant conduire à une, voire deux hausses des taux de la Banque centrale Européenne d’ici la fin de l’année, les banques ne devraient pas avoir d’autres choix que de remonter leurs taux de crédit d’ici la fin de l’année.
Or les taux d’usure publié le 25 septembre sont valables pour tout le 4e trimestre et resteront donc en vigueur jusqu’à la fin de l’année. C’est cette révision trimestrielle qui pose un problème.
En période de forte remontée des taux de crédit, l’objectif est de ne pas revenir à la situation de blocage connue en 2022 et 2023, durant laquelle la hausse des taux de crédit, des taux de refinancement de la BCE et le niveau trop bas des taux d’usure avaient entrainé des taux de refus dépassant 40 % à 50 % pour des dossiers pourtant solvables, en raison d’un dépassement mécanique du taux d’usure. Face à cette situation, la Banque de France avait mis en place, à titre exceptionnel - mais trop tardivement - une révision mensuelle des taux d’usure qui avait permis une remontée rapide des seuils de 100 points de base en quelques mois, contribuant à desserrer partiellement la contrainte pesant sur l’octroi de crédit.
« L’expérience passée a montré que l’actualisation mensuelle du taux d’usure est un levier pertinent en période de tension : elle permet d’atténuer les effets de seuil et de soutenir la fluidité du marché, tout en maintenant la protection des emprunteurs. Dans cette optique, il serait judicieux d’envisager, de manière préventive et temporaire, le retour à une révision mensuelle afin de mieux suivre les évolutions rapides des conditions de financement et d’éviter tout blocage du marché du crédit. Et compte tenu de la répétition plus fréquente de cette problématique une réflexion plus large sur les modalités de calcul du taux d’usure et le taux d’usure même sont à réfléchir », conclut Julie Bachet, également membre du conseil d’administration de l’Apic, association professionnelle des intermédiaires en crédit, qui agit actuellement pour le retour de la mensualisation des taux d’usure.
Attention , vous pouvez être sollicités par de faux conseillers Vousfinancer vous proposant des crédits et/ou vous demandant de transmettre des documents, des fonds, des coordonnées bancaires, etc. Soyez vigilants. Vousfinancer ne demande jamais à ses clients de verser sur un compte les sommes prêtées par des établissements de crédit ou bien des fonds propres, à l'exception des honoraires des courtiers. Les conseillers Vousfinancer vous écriront toujours depuis une adresse mail xxxx@vousfinancer.com. Vous avez un doute sur l'un de vos contacts ou pensez être victime d'une fraude , vous pouvez envoyer un mail à reclamation@vousfinancer.com.