La crise du logement, une urgence nationale Depuis 25 ans, les Français ont perdu l'équivalent de 25 m² de pouvoir d'achat immobilier. Des projets familiaux bloqués, des mobilités professionnelles freinées, des millions de ménages dans l'incapacité de se loger dignement : la crise du logement n'est plus une tendance, c'est une réalité quotidienne. Pour y répondre, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre du Logement Vincent Jeanbrun ont annoncé le 23 avril 2026, depuis Marseille, le dépôt d'un projet de loi logement, attendu au Sénat en juin 2025. Objectif affiché : 2 millions de logements construits ou rénovés d'ici 2030. Ce texte contient deux mesures particulièrement attendues par les propriétaires bailleurs et les investisseurs immobiliers : la remise sur le marché des passoires thermiques et l'élargissement du dispositif Jeanbrun. Passoires thermiques : fin de l'interdiction de louer, sous conditions Rappel : ce que prévoyait la loi Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) sont interdits à la location. Les biens classés F devaient suivre dès 2028. Une mesure aux intentions louables, mais dont l'application immédiate a brutalement retiré des dizaines de milliers de logements du marché locatif, aggravant une pénurie déjà critique dans de nombreuses villes. Ce que prévoit le projet de loi Le gouvernement opte pour une approche pragmatique : rénover pour louer, plutôt qu'interdire sans accompagner. Les propriétaires de logements classés F ou G pourront les remettre en location à condition de s'engager formellement par contrat signé à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans les délais suivants : 3 ans pour une maison individuelle 5 ans pour un appartement en copropriété À l'issue de ce délai, si les travaux n'ont pas été réalisés, l'interdiction de louer s'applique pleinement. Le logement doit également être considéré comme "décent" pendant la période transitoire. L'impact concret : 700 000 logements remis sur le marché Près de 700 000 logements pourront ainsi être remis à disposition afin de créer un choc d'offre locative et de rénover massivement les logements. Pour les propriétaires, ce mécanisme présente un double avantage : continuer à percevoir des loyers tout en finançant progressivement leurs travaux de rénovation. Bon à savoir : Si vous êtes propriétaire d'un logement classé F ou G, ce projet de loi vous concerne directement. Avant d'engager des travaux, il peut être utile de faire le point sur votre financement avec un courtier spécialisé. Dispositif Jeanbrun : trois évolutions majeures pour les investisseurs Rappel : qu'est-ce que le dispositif Jeanbrun ? Créé par la loi de finances 2026, le dispositif Jeanbrun propose un régime d'amortissement fiscal avantageux pour les investisseurs locatifs, dans le neuf comme dans l'ancien. Il permet notamment de déduire jusqu'à 4 % du prix de revient global par an, cumulable avec le déficit foncier (report sur revenu global dans la limite de 10 700 €/an), en contrepartie d'un engagement de location de 9 ans minimum. Les 3 évolutions annoncées Abaissement du seuil de travaux : de 30 % à 20 % du prix d'acquisition C'est la modification la plus attendue. Jusqu'ici, pour bénéficier du dispositif dans l'immobilier ancien, l'investisseur devait engager des travaux représentant au moins 30 % du prix d'achat du bien. Sur un appartement acheté 200 000 €, cela représentait 60 000 € de travaux — une barrière financière dissuasive pour la majorité des investisseurs. Le projet de loi abaisse ce seuil à 20 % du prix d'acquisition, soit 40 000 € sur un bien à 200 000 €. Un niveau qui permet d'engager une rénovation sérieuse — isolation, chauffage, menuiseries — sans transformer son investissement en opération de promotion immobilière. Objectif DPE : un gain de 2 lettres au lieu d'atteindre A ou B L'ancienne exigence — atteindre un DPE A ou B après travaux — était techniquement inatteignable dans la grande majorité des rénovations de l'ancien, en particulier en copropriété où les propriétaires ne maîtrisent pas l'ensemble du bâtiment. Le projet de loi remplace cet objectif par une exigence de progression de 2 lettres de DPE après travaux. Un logement classé E pourra ainsi atteindre le C, un D pourra viser le B — des objectifs réalistes et atteignables qui récompensent les efforts de rénovation sans exiger la perfection. Réintégration des maisons individuelles C'est la correction d'un paradoxe flagrant : le dispositif Jeanbrun était présenté comme applicable partout en France, mais excluait les maisons individuelles, qui représentent pourtant plus de 55 % du parc immobilier français. Cette exclusion pénalisait mécaniquement les investisseurs dans les zones périurbaines, rurales et les villes moyennes — là précisément où les passoires thermiques sont les plus nombreuses et les rénovations les plus accessibles techniquement. Le projet de loi y remédie en réintégrant les maisons individuelles anciennes dans le dispositif. Ce que cela change concrètement pour vous Que vous soyez propriétaire bailleur, primo-investisseur ou simplement à la recherche d'un logement à louer, ce projet de loi ouvre de nouvelles perspectives : Propriétaire d'une passoire thermique ? Vous pouvez envisager de remettre votre bien en location sans attendre la fin des travaux, sous réserve de vous engager contractuellement sur un calendrier de rénovation. Investisseur dans l'ancien ? Le dispositif Jeanbrun devient plus accessible : moins d'apport travaux requis, objectif DPE plus réaliste, et maisons individuelles désormais éligibles. Futur locataire ? L'arrivée de 700 000 logements supplémentaires sur le marché pourrait contribuer à détendre les tensions locatives dans certains territoires. Calendrier : quand le texte sera-t-il voté ? Le projet de loi doit être présenté au Sénat en juin 2025. Son adoption définitive est espérée avant la fin de l'année 2025. Le texte devra encore passer par les étapes parlementaires habituelles avant d'entrer en vigueur. Financer sa rénovation : les bonnes questions à se poser Les travaux de rénovation énergétique représentent un investissement significatif. Pour les financer dans les meilleures conditions, plusieurs solutions existent : prêt travaux, éco-PTZ, MaPrimeRénov'... Un courtier en financement peut vous aider à identifier le montage le plus adapté à votre situation. VousFinancer vous accompagne dans le financement de vos projets immobiliers et de rénovation. Nos courtiers analysent votre dossier et vous proposent les meilleures solutions du marché.